Rencontre avec Patrick Sigwalt, compositeur et président du Conseil d’administration de la Sacem

Rencontre avec Patrick Sigwalt, compositeur et président du Conseil d’administration de la Sacem

12 juillet 2021
Cinéma
Patrick Sigwalt  - photo Eric Garault
Patrick Sigwalt Eric Garault

Compositeur pour le cinéma et la télévision, Patrick Sigwalt est par ailleurs le président du Conseil d’administration de la Sacem. Son approche de tous les métiers de la musique - il a été ingénieur du son, arrangeur, réalisateur, producteur, et possède son propre studio près de Paris - lui confère, de fait, un regard éclairé sur les liens particuliers qui unissent l’institution Sacem au monde discret des compositeurs et compositrices. Interview express à l’occasion de Cannes 2021.


Quand vous entendez les trois mots « musique de film », quel est le premier auteur qui vous vient à l’esprit ?

Je pense à beaucoup d’entre eux, mais immédiatement à Ennio Morricone, qui fut un authentique cinéaste, c’est-à-dire quelqu’un qui a réellement co-écrit les films qui lui ont été confiés. Sa contribution à la narration cinématographique a fait la grandeur de son œuvre. Il a ouvert la voie à des générations de compositeurs en écrivant des musiques qui vivront à jamais en dehors des films pour lesquels elles ont été écrites.

Dans l’histoire de la Sacem, qui sont les noms qui vous viennent à l’esprit ? Qui ont été les compositeurs et compositrices dont la relation à la Sacem a participé à la reconnaissance de cet art particulier ?

De nombreux compositeurs, membres de la Sacem se sont engagés pour la défense de la musique au cinéma. Jean Claude Petit, qui fut mon prédécesseur à la Présidence du conseil d’administration de la Sacem, s’est battu toute sa vie, et continue de le faire, pour promouvoir et défendre la musique en général, et la musique de film en particulier ainsi que ceux qui la créent. Certaines compositrices se battent également courageusement pour que davantage de femmes puissent vivre de ce métier.

Quelle est pour vous la spécificité de la musique destinée à renforcer le propos d’une réalisatrice ou d’un réalisateur ? Quels talents spécifiques vous semblent requis ? 

Le cinéma d’aujourd’hui laisse souvent peu de temps au développement de thèmes musicaux et de mélodies… Dès lors, le sens du rythme, celui du leitmotiv, la capacité à installer rapidement un climat et la maîtrise de la matière sonore deviennent de nouvelles qualités importantes des compositeurs…

La musique instrumentale continue d’avoir une place centrale au sein des bandes originales, mais de nouvelles formes d’écritures et de nouveaux codes sonores émergent aussi, et enrichissent différemment les films.

Un savoir-faire français en matière de bande originale a depuis longtemps été célébré dans le monde. A l’heure où les œuvres circulent plus que jamais, et rayonnent partout, comment la Sacem peut-elle accompagner les compositeurs et compositrices ?

L’école française de la musique de film est effectivement reconnue et récompensée depuis longtemps à l’international. La Sacem doit continuer d’aider les compositeurs à s’exporter… Si nous voulons être davantage présents sur certains territoires, il faut aussi savoir adopter les codes de la production musicale locale. C’est vrai en fiction, mais également pour nos films d’animation, qui font d’ailleurs de belles carrières à l’export.