Le court métrage, renouveau de la création française

Paris, le 30 janvier 2017

Pour Frédérique Bredin, Présidente du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), « le court métrage joue plus que jamais un rôle clef dans le renouvellement de la création française.

L'actualité nous donne une nouvelle occasion de souligner cette importance. Je me réjouis particulièrement de la nomination aux prochains Oscars d'Ennemis intérieurs, le court métrage de Selim Azzazi, tourné à Lyon par ce jeune cinéaste Villeurbannais, soutenu par le CNC et la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Bravo également à Claude Barras, nommé pour l'Oscar du meilleur long métrage d'animationpour Ma vie de courgette, dont le CNC avait déjà soutenu le court métrage Le Génie de la boîte de raviolis. »

Cette qualité du court métrage français, saluée dans le monde entier, se double d'une vitalité que révèle l'étude du CNC : « Le marché du court métrage en 2015 ».

Un soutien financier à la production important, avec près de 13 M€ de crédits mobilisés par le CNC, soit 27,6 % du financement du court métrage en France

Une politique d'émergence et d'accompagnement des talents qui porte ses fruits

  • Le court métrage joue un rôle déterminant de passerelle vers le long métrage ou la création télévisuelle : Plus de la moitié (52 %) des réalisateurs de longs métrages agréés en 2015 ont déjà réalisé un court métrage. C'est le cas, par exemple, de Julia Ducournau dont Grave, son premier long métrage, sortira en salles en mars prochain
     
  • C'est aussi un lieu de rencontres et de connexion entre des auteurs émergents et le milieu professionnel :
    76 jeunes auteurs ont été invités en 2016 dans des forums de présentation de projets du dispositif d'accompagnement Talents en Court, 25 films ont déjà été réalisés : Le bleu, blanc, rouge de mes cheveux de Josza Anjembe, Debout Kinshasa de Sébastien Maître, ou encore Maman(s) de Maïmouna Doucouré, réalisatrice révélée l'an dernier et en lice pour les César
     
  • La parité et l'égalité hommes/femmes progresse : La part des femmes réalisatrices est en augmentation constante pour la 5ème année consécutive, passant de 29 % en 2009 à 38 % en 2015. Avec Blind Sex, son premier court métrage produit dans des conditions professionnelles, sélectionné en compétition au prochain festival de Clermont-Ferrand, Sarah Santamaria-Mertens semble bien partie pour connaître le succès de ses aînées, Justine Triet ou Katell Quillévéré

  • Le court métrage est un laboratoire pour le cinéma de genre et les différentes formes de cinéma : l'animation représente 25 % des projets aidés, le documentaire près de 10 % ; les films au ton de comédie ou fantastique émergent, comme par exemple Ramdam de Zangro, ou Acide de Just Philippot, issu des résidences So Film promouvant le cinéma de genre
     
  • Le CNC encourage les jeunes producteurs français à s'ouvrir au plus tôt à l'international : 20 % des projets soutenus par le CNC sont des coproductions internationales (par exemple franco-tunisienne comme La laine sur le dos de Lotfi Achour ou franco-colombienne comme Lupus de Carlos Gomez Salamanca, également présents à Clermont-Ferrand)


Une diffusion en salle qui poursuit son développement

  • Une augmentation de 12 % du nombre d'œuvres diffusées en salle, soit près de 2 700 films, dont 57 % de courts métrages français
  • Une augmentation de 25 % des entrées pour les courts métrages avec 3,5 millions d'entrées en 2015
  • Près de 82 % des cinémas français ont diffusé du court métrage en 2015

Les effets de la réforme sur la production, annoncée en février 2016 à Clermont-Ferrand, et du renforcement des moyens alloués au court métrage seront effectifs en 2017. La réforme du volet diffusion, qui sera développée cette année, produira ses premiers effets à partir de 2018.

Ressources

> consulter l'étude "Le marché du court métrage en 2015"

> consulter la présentation du l'étude

 

Ennemis intérieurs de Sélim Azzazi / Qualia Films © 2016

Ennemis intérieurs de Sélim Azzazi / Qualia Films © 2016