Le caractère intransigeant et provocateur des films de Paul Verhoeven a autant précipité son déclin, à la fin des années 90, que contribué à forger sa légende. Longtemps boudée par la critique, la filmographie éclectique du réalisateur néerlandais sera mise à l’honneur par la Cinémathèque française à partir du 14 juillet. Lors de cette rétrospective exhaustive, les spectateurs pourront redécouvrir les films cultes de sa période hollywoodienne (Robocop, Basic Instinct…), ainsi que plusieurs de ses courts métrages formateurs (Un lézard de trop, La Fête), tournés dans sa Hollande natale. En déplacement en France pour présenter Benedetta au Festival de Cannes, Paul Verhoeven fera d’ailleurs escale à la Cinémathèque afin de donner une masterclass, suite à la projection de Starship Troopers. Le metteur en scène y déconstruira sa virulente satire des travers nationalistes de la société américaine, longtemps considérée comme un simple blockbuster de science-fiction.
Propre aux œuvres de Verhoeven, ce double discours semble avoir également été négligé - par le public et la critique - pour son précédent film, Showgirls. Un long métrage iconoclaste sur le milieu de la nuit à Vegas qui, par son obsession du sexe et de la violence, reprend les thématiques de son plus gros succès au box-office : Basic Instinct. Le thriller culte avec Sharon Stone et Michael Douglas fera l’objet d’une séance évènement en version restaurée 4K le 21 juillet, une séance présentée par le réalisateur lui-même.